Colonisation et Esclavage en Martinique [Retour]

La colonisation de la Martinique débute en 1635 , avec l'arrivée des colons français, en particulier de la Normandie. Leur installation est difficile à cause de la présence des amérindiens Caraïbes, peuple de guerrier farouches. Cependant en 1658, après de violents heurts opposant les français aux Caraïbes, les colons massacrent les Caraïbes et expulsent de l'île les survivants qui trouveront refuge à Saint-Vincent et en Dominique. Les Amérindiens étant exterminés, le peuplement de la Martinique par les colons peu s'amorcer. La population européenne augmenta donc avec l'arrivée d'engagés (employés sous-contrat) venus travaillés la terre, pour les colons. Cependant le climat tropical et leur peu de résistance physique, fut que cette main d'œuvre fut vite remplacée par une population servile venue d'Afrique Noire jugée plus résistante physiquement au soleil et aux mauvais traitements.

     Ainsi débuta avec la révolution de la canne à sucre ce que l'on considère que depuis 1998 comme un crime contre l'humanité : La traite des Nègres appelée aussi l'esclavage des noirs. Ainsi se met en place avec le système esclavagiste une société  hiérarchisée et répressive dont la société antillaise actuelle garde encore quelques stigmates. La vie des esclaves qui vivaient dans des conditions atroces dans les plantations était régie par le Code noir de Colbert promulgué en 1685.  L'existence des Antilles se mis donc à dépendre de cette main d'œuvre massive d'Africains, et il apparut donc rapidement que l'équilibre économique et politique de l'Europe en passait aussi par l'esclavage. Le sucre c'était le pétrole du XVIIe qui mobilisait toutes les flottes européennes.

    De plus au retour de leur périple , entre l'Afrique et la Caraïbe, les galions revenaient chargés non seulement de sucre, mais également de tabac, de rhum ,d'épice set d'indigo. Toutes les grandes fortunes de la Rochelle, Nantes, Bordeaux s'édifièrent alors sur ce commerce triangulaire. Dans le même temps les puissances coloniales s'affrontent dans la mer des Caraïbes, en effet, l'Angleterre, la France, La Hollande et l'Espagne se disputent les territoires et cherchent à imposer leur suprématie. La France sera particulièrement opposée à L'Angleterre, qui plusieurs la dépossédera de la Martinique. En 1789, avec l'arrivée des idées révolutionnaires, des luttes s'enchaînent avec entre les royalistes et les républicains. Pendant trois ans les patriotes et les loyalistes s'affrontent mais la Martinique reste un bastion royaliste, malgré le débarquement de Rochambeau en 1793. Saint-Pierre et Fort-De-Royal (ancien nom de Fort-De-France ) devenue République-Ville, s'ouvrent brièvement aux idées révolutionnaires mais les royalistes appellent les Anglais à leur secours et parviennent à investir l'île de 1794 à 1802.

   Le commerce triangulaire : Cette expression désigne le commerce d'esclaves et de marchandises qui s'est déroulé entre l'Europe, l'Afrique et l'Amérique(Antilles) du XVIIe au XIXes. Les négriers européens partaient des ports du Havre, Bordeaux et Nantes, pour se rendre en Afrique ou ils attrapaient ou achetaient des esclaves, ensuite ils partaient vers l'Amérique où ils revendaient aux colons européens les esclaves, ils repartaient vers l'Europe avec des denrées, des marchandises (sucre , épices, rhum, parfois des esclaves etc.)

Deux personnages se sont exprimés sur les colonies Antillaises :

      Le premier  a dit : Octroyons aux Affranchis les mêmes droits, privilèges et immunités dont jouissent les personnes nées libres. Voulons qu'ils méritent une liberté acquise et qu'elle produise en eux, tant pour leurs personnes que pour leurs biens, les mêmes effets que le bonheur, la liberté naturelle , causent à nos sujets.

      Le second a dit :Je suis pour les blancs parce que je suis blanc. Je n'ai pas d'autres raisons et celle-là est la bonne. Comment  on a pu donner la liberté à des hommes qui n'avaient aucune civilisation, qui ne savaient seulement pas ce que c'était que colonie, ce que c'était que la France?Il est tout simple que ceux qui ont voulu la liberté des noirs, veuillent encore l'esclavage des blancs.

    Une constatation : la première citation sous-entend un idéal, la seconde est résolument  raciste. la première émane de Louis XIV (étonnant non?) , qui promulgue l'édit de 1685, le célèbre Code Noir qui garantit aux colons leurs privilèges et qui prétend aussi protéger et donner des droits aux esclaves?la seconde citation est de Bonaparte premier consul. en 1802, fortement encouragé par sa femme Joséphine (Béké martiniquaise et non mulâtresse comme certains le disent),  il rétablit l'ancien régime colonial et l'esclavage.

      L'année 1848, marque la seconde abolition de l'esclavage. Une abolition irréversible à la différence de celle de 1794, sur laquelle Bonaparte était revenu en 1802. A la faveur de la révolution de février 1848, à Paris, l'abolitionniste Victor Schœlcher , porte-parole de la cause des Noirs impose au gouvernement provisoire de la seconde république, l'abolition de l'esclavage dans toutes les colonies françaises.  Le décret est signé par Lamartine et Arago également. Il force un choix politique qui était en sursis depuis 1830.

     Après le traumatisme  provoqué par le soulèvement des esclaves de Saint-Domingue (Toussaint-Louverture) et l'indépendance du pays, en 1804, les discours contre l'esclavage s'étaient multipliés. Ils n'étaient pas que français. L'Angleterre voulait l'imposer au monde pour des raisons morales et économiques. Le sucre de canne avait perdu sa suprématie : il n'était plus suffisant, ni rentable. Son déclin était consolidé par le développement du sucre de betterave, dont la production avait crû à partir de 1812, et celle du sucre des Indes , qui coûtait moins cher. Dans ces nouvelles conditions , l'esclavage des colonies antillaises n'était plus intéressant! Pourtant la France hésitait. D'une part pour ne pas céder aux pressions de l'Angleterre, devenue le porte-flambeau européen de l'émancipation, et, d'autre part pour satisfaire les intérêts des colons.

    En outre l'égalité des races humaines n'était pas un élément d'évidence pour la plupart des législateurs français : beaucoup se demandaient encore si l'esclavage n'était pas le seul moyen de civiliser les Africains et leurs descendants Antillais. Le chemin vers l'abolition de l'esclavage fut difficile, jusqu'au décret du 27 avril 1848 de Victor Schœlcher. Trois émissaires ont été nommé pour remettre à La Guadeloupe, à la Martinique puis à la Guyane le nouveau décret. La liberté se faisant trop attendre, les ateliers d'esclaves de la Martinique se soulevèrent le 22 mai (Violents heurts à Saint-Pierre) en imposant au gouverneur colonial, de promulguer l'émancipation sans attendre. Suite

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Design and site N'goala Raymonde © 2002-2009